Projet d’expression photographique « Etre demandeur d’asile à Givors »

Expo photo dans les locaux du CADA

Le contexte :

Répressions, guerres, bouleversements climatiques, crises sociales… Les raisons sont multiples pour expliquer le besoin de tant d’hommes et de femmes de quitter leur pays pour trouver refuge dans le nôtre. En réaction, nous voyons apparaître, comme à toute époque, un rejet xénophobe de la part d’une partie de nos concitoyens, accompagné par des évolutions législatives rendant toujours plus dures les conditions d’accueil.

Depuis les verriers alsaciens du XVIIIème siècle, Givors a été une terre d’accueil des différentes vagues d’immigration qui ont construit notre pays. Aujourd’hui, une partie des nouvelles populations est composée de demandeurs d’asile. Souvent arrivés à Givors par hasard, et même parfois contre leur gré, leur séjour peut ne durer que le temps d’obtenir une réponse sur leur demande d’asile : pourtant elles participent elles-aussi à l’histoire de la ville, comme tant d’autres vagues d’immigrés auparavant.

Le foyer ADOMA de Givors, encadré depuis 2006 par le Centre d’aide aux demandeurs d’asile (CADA), accueille environ 120 personnes, dont une vingtaine de familles, pour une durée moyenne d’un an. Les familles viennent majoritairement de pays de l’Est (Albanie, Kosovo, Géorgie, Russie,,,) et les personnes isolées de pays du sud (Afghanistan, Guinée, Angola, Soudan, Congo, Nigéria…). Ce foyer présente la particularité d’être directement voisin de la MJC de Givors et cette proximité a attiré l’attention de membres de la MJC qui souhaitent montrer leur intérêt vis-à-vis des demandeurs d’asile au travers d’un travail d’expression photographique.

Pourquoi ce projet ?

Le foyer accueille les demandeurs d’asile pour quelques mois : Ils sont donc seulement de passage et n’ont pas vraiment le temps d’avoir de repères au sein de Givors. Ce n’est souvent qu’une étape dans leur long périple.

L’idée force de ce projet est que ces personnes laissent malgré tout une trace de leur passage à Givors. C’est aussi une façon pour les photographes de montrer leur solidarité : « Votre histoire ici nous intéresse, faisons la connaître, vous n’êtes pas seuls ».

Les événements ayant amené les demandeurs d’asile dans notre pays sont souvent douloureux, la volonté des photographes n’est pas de leur demander de revivre ce passé difficile (qu’ils ont déjà été obligés de raconter au cours de leur procédure d’asile) mais bien de parler de leur vie ici et maintenant : leur vision de Givors, leurs activités, leurs contacts, leurs conditions d’existence, leurs difficultés…

Quelle production ?

Les meilleures photos réalisées ont été données aux demandeurs d’asile, mais certaines ont fait l’objet en juin 2019 d’une exposition au Moulin Madiba à l’occasion de la fête de quartier de la MJC de Givors.

Cette exposition a été aussi présentée dans les locaux du CADA durant l’automne 2019.

Une nouvelle saison a démarré en décembre 2019, dans l’objectif de réaliser une exposition en juin 2020.